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 Vol au dessus de la Loire

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gillet swing

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Nombre de messages : 479
Date d'inscription : 25/05/2007

MessageSujet: Vol au dessus de la Loire   Dim 11 Nov 2007 - 10:40

Je vais vous faire le récit de mon plus beau vol de parapente le dimanche 21 octobre 2007.

Le vol commence par une séance de treuillé sur un chemin de la commune de St Mathurin.
Le ciel est tout bleu. Il n’y a pas de vent et je me décide à décoller dos voile. Le treuillé se déroule bien et je monte progressivement. Aux deux tiers de la piste d’une longueur totale d’un kilomètre et demi, je sens que cela monte un peu plus vite. Dois je larguer dans le thermique à 300 m d’altitude? Non, j’attends la fin de la piste dans 200 mètres pour aller le plus haut possible. Il sera toujours temps de revenir dans la zone qui monte bien. Le largage du câble se fait alors que je suis à 395 m mètre du sol.

J’aperçois un rapace qui fait quelques tours sans aucun battement d’aile. Ca doit monter par là. Je le suis. On m’a toujours conseillé de faire confiance aux oiseaux pour nous tracer le chemin. Effectivement, j’entends mon vario qui se met déjà à biper. J’essaye de me maintenir dans ce milieu favorable. J’enroule doucement. Philippe me conseille à la radio de bien finir mon virage car le thermique n’est pas très large et il faut absolument que je prenne de l’altitude si je veux avoir une chance d’aller plus loin. Daniel m’encourage aussi. Je monte à 1 mètre par seconde. Au bout de deux minutes, j’ai pris un peu plus de 100 mètres d’altitude. J’ai l’impression de voler déjà depuis une éternité quand je reviens à la réalité : le chronomètre n’indique que 8 minutes de vol. C’est la première fois que j’arrive à tenir aussi longtemps en plaine.

Je suis concentré sur ma montée régulière et qui me paraît déjà plus facile. J’arrive à peu près à délimiter le thermique dans lequel je monte. David qui est parti 15 minutes avant moi est toujours en l’air et je suis presque aussi haut que lui. Il devrait me rejoindre rapidement car il fait route directement vers moi et nous sommes à une distance d’environ deux kilomètres l’un de l’autre. Arrivé à ma hauteur, il me frôle avec sa voile à toute vitesse et nous continuons à jouer ensemble dans le vent. Il est vrai qu’il vole sous une voile de compétition (Gin Boom Sport). En même temps que je continue à monter dans cet air chaud et alors qu’il enroule de manière plus ample que moi comme un grand aigle qui tourne autour de sa proie, nous nous décalons progressivement vers la Loire.

Alors que tout est calme et tranquille à cette altitude, nous entendons un train passer sur la voie ferrée qui longe la Loire en direction de Saumur. De manière beaucoup plus paisible une gabarre glisse entre les bancs de sable du fleuve royal. Le soleil qui reflète dans l’eau donne des couleurs particulières à ce grand fleuve. C’est un immense bonheur et un privilège extrême de pouvoir voler dans un cadre naturel aussi beau.

Le thermique me semble de plus en plus fort. Toute la chaleur des champs de labour semble s’être donnée rendez vous sur les bords de loire. Je continue à prendre de l’altitude et je gagne environ deux mètres toutes les secondes. Je suis maintenant au milieu du fleuve à 500 m au dessus de l’eau. Je ne risque pas de me noyer car à cette altitude je peux planer tranquillement sur 3km vers le Nord ou autant vers le Sud et la Loire ne fait que 200 m de large à cet endroit. David est toujours à proximité. C’est un bonheur extrême de pouvoir partager ce moment. J’en profite pour regarder au loin. J’aperçois à l’est les deux tours de la centrale nucléaire de Chinon distantes de plus de 30 kilomètres. Je vois également en direction du nord la forêt qui jouxte ma maison. A l’ouest, c’est la ville d’Angers qui se dessine avec ses nombreux grands immeubles.

Je reviens doucement vers le décollage et perd inexorablement de l’altitude en avançant lentement contre le vent de nord est. Je suis à 270 m de hauteur quand j’aperçois la voile de Daniel qui s’apprête à poser sur une petite route déserte. Ma finesse ne me permettra pas de rentrer jusqu’ à la voiture. Je cherche la voile de David autour de moi. Il est à nouveau en train d’enrouler à un peu plus à l’est de moi. Je me dis que je pourrai peut être refaire un petit tour supplémentaire là-haut car les 23 minutes de vol ont été bien agréables. C’est un nouveau thermique qui s’annonce. Il va me permettre de gagner à nouveau 200 m de gaz ! Plus je tourne et plus ça monte vite. Je vais me retrouver une deuxième fois environ 500 m au dessus de la Loire. Je vole ensuite au dessus de la Bohalle où la circulation est assez dense sur la levée de la Loire en ce beau dimanche d’automne.

Je me décide à profiter de cette altitude pour planer le plus vite possible vers le décollage. Tout en accélérant, j’entends un bruit de moteur qui s’approche de moi. Il s’agit maintenant d’un pendulaire, c’est à dire un deltaplane motorisé. Le pilote me fait signe de la main comme des vieux bikers qui se croisent. Je lui réponds poliment avec le sentiment de faire parti de la même famille des hommes volants. Je suis également très content de me trouver là sans avoir eu recours à un quelconque propulseur bruyant dans le dos.

David va atterrir à 30 mètres du décollage en même temps que moi. Il s’apprête déjà à effectuer un bi place avec des néophytes. Moi, je passe à 40 mètres au dessus de deux voitures qui vont se stationner pour me voir poser. C’est plutôt surprenant pour un automobiliste de rouler sous un parapente qui atterrit comme une fleur en limite d’un champ de labour. Je regarde ma montre et je saute de joie. J’ai volé 31 minutes. Je prends la radio et je leur dis : « Ici Christophe, je viens de poser. C’est mon plus long et plus beau vol de plaine » J’aurais encore 10 minutes de marche pour retrouver le groupe car j’ai atterri à 2 km du but ! Il y a encore du travail !

David qui a des centaines d’heures de vol me confiera lors de nos heureuses retrouvailles, que c’est la première fois qu’il vole à côté d’un autre pilote en plaine aussi longtemps et d’aussi près.

Je tiens à remercier toute l’équipe qui m’a permis de faire ce vol de rêve que je n’aurai osé imaginer. Dire que je n’avais jamais réussi à m’extraire à l’issue d’une séance de treuil ! Nous avons la chance de pratiquer un des plus beaux sports qui allie la beauté des paysages et la proximité de la nature et des éléments : le vent, le soleil, et aujourd’hui l’eau.
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